Célébration des 50 ans du CRIOBE

Le CRIOBE a été créé en 1971 à Moorea (la photo est de 1981). D’abord positionné dans un fare à Tiahura, ce n’est qu’en 1981 que le Pays a permis d’installer le Centre de recherche dans la Baie de Opunohu où se sont développées l’ensemble des infrastructures au fil des années. Le CRIOBE, ce sont également des installations à Perpignan, à l’Université de Perpignan Via Domitia, pour compléter l’ensemble des travaux menés en proximité du terrain, sur Moorea, au cœur des écosystèmes. Le CRIOBE, c’est presque 90 personnes, dont 33 doctorants.

Le CRIOBE travaille depuis toujours sur les récifs coralliens. En 50 ans de recherche, la thématique générale de l’étude des chercheurs au CRIOBE a évolué.

  • De 1971 à 1997, les chercheurs travaillaient à connaître et expliquer les différents peuplements d’organismes marins (poissons, pahua, corail, algue, troca, ….) présents sur le littoral, le lagon et la pente externe avec le concept de la stabilité de l’écosystème corallien.
  • De 1998 à 2006, les chercheurs orientaient leur recherche sur la compréhension du cycle de vie des animaux et sur les interactions entre les animaux et entre les animaux et les végétaux peuplant les récifs coralliens.
  • De 2002 à 2018, face à la prise de conscience que notre planète, et donc nos récifs coralliens, ne sont pas éternels face à la pression humaine tant localement qu’au niveau planétaire, les chercheurs ont étudiés les récifs coralliens face aux changements globaux.
  • Depuis 2019, les chercheurs essayent de proposer des solutions aux organismes coralliens (restauration), à la société civile et aux politiques afin que les récifs coralliens sous l’ère de l’Anthropocène continuent à fournir des fonctions, des services et des biens à l’Homme et plus généralement à la conservation de la Biodiversité sur Terre.

Cette évolution reflète parfaitement l’évolution des recherches au niveau national et international sur les écosystèmes marins et terrestres. On est passé de l’étude des écosystèmes et des organismes associés sans se soucier des perturbations à l’échelle globale dans les années 1980/1990 à l’étude des organismes face aux changements globaux dès le début des années 2000. Dans le contexte de l’évolution de notre planète, les récifs coralliens peuvent être considérés comme des écosystèmes ‘sentinelles’ face aux changements globaux.

Les récifs grâce aux coraux et à leur relation endosymbiotique avec les zooxanthelles sont très sensibles aux changements globaux et l’impact de ces changements est facilement détectable avec le blanchissement des coraux. Ainsi, en 2016 et 2017, de nombreux articles et de nombreux reportages télévisuels à destination du grand public ont été réalisés sur le blanchissement des coraux sur la Grande Barrière de Corail en Australie, sur les récifs de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française. Pour le grand public, un corail blanc est le signe des changements climatiques à l’échelle mondiale. Ainsi, un des objectifs majeurs du CRIOBE actuellement est de continuer à travailler sur les récifs coralliens, car les récifs sont très sensibles aux changements globaux et sont donc « malheureusement » un des premiers écosystèmes qui risque de changer.

Article publié dans La Dépêche de Tahiti le 11 mars 2021

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